Tout savoir sur la crèche

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J’ai découvert avec la paternité ce que c’est que de devoir confier son bébé à quelqu’un d’autre, la dose de confiance qu’il faut surtout même si c’est à une personne dont c’est le travail. Et je dois dire qu’avec la crèche dans laquelle elle est j’ai le sentiment qu’elle est tout simplement au bon endroit.

Pendant les premiers mois, nous avons gardé Camille à la maison. Je n’ai pas travaillé les deux premiers mois pour profiter au maximum, ma femme a enchaîné congé maternité et congé parental. Camille a donc intégré la crèche début octobre. Une grande étape un peu stressante.

Nous avions fait la demande en crèche avant sa naissance. Notre commune dispose de deux crèches municipales et d’un réseau d’assistantes maternelles. Nous avions envie d’une crèche en particulier après l’avoir visitée. Mais nous avons finalement été affecté à l’autre. Sur le coup nous avons été un déçu mais il s’avère que c’est tout simplement le bon endroit pour notre Camille. Il suffit de regarder son sourire quand on l’amène et quand on la récupère. Elle est bien et heureuse ! Hier quand je l’ai déposée le matin, elle s’est vite concentrée sur ses jouets. Tellement rassurant pour nous !

Une crèche à l’approche piklerienne

Cette crèche a adopté il y a 2-3 ans une approche piklerienne, c’est à dire qu’elle a adopté le fonctionnement imaginé par Emmi Pikler. Je le redis, nous n’avions pas choisi cette crèche à l’origine et n’avions aucune idée de ce qu’était cette approche. Son équipe a organisé une soirée de présentation sur cette approche et voici ce que j’en ai retenu car je trouve que c’est particulièrement intéressant.

Emmi Pikler était une médecin hongroise qui a commencé sa carrière dans les années 30. En observant ses petits patients, elle s’est forgée une conviction profonde. Son idée, depuis vérifiée par les neurosciences, est que le bébé est un petit être dépendant mais pas incompétent. Autrement dit, le bébé est capable de faire des choses. Sa conviction était aussi que l’enfant est programmé pour se développer sur le plan moteur. Il n’y a normalement pas besoin de lui apprendre. Il va se retourner ou s’assoir quand il sera en mesure de le faire, mais on ne va pas le forcer à être assis quand il n’est pas capable de le faire.

Mais il faut lui donner le cadre pour qu’il puisse le faire. L’enfant est comme un petit scientifique qui se sert de tout ce qui l’entoure et essaye tout. Il faut donc respecter l’initiative de l’enfant. Et ce dernier doit aussi comprendre qu’il peut compter sur l’adulte présent.
Le rôle de l’adulte

Dans cette approche, l’adulte est dans une position d’accompagnement et d’observation. Il porte un grand intérêt aux activités de l’enfant mais il ne doit pas le forcer à faire des choses. L’adulte est là pour aménager l’espace, le sécuriser, fournir les objets à l’enfant. Il doit aussi lui fournir des repères fixes pour que l’enfant sache ce qui va lui arriver. Il s’agit par exemple de placer les jeux et objets tous les jours au même endroit pour que les enfants puissent les retrouver facilement quand ils veulent les utiliser sans avoir à les chercher.

L’objectif de cette approche est de permettre aux enfants de développer leur confiance en eux-même, dans leur environnement, dans les adultes, être autonome, se construire et développer leur estime de soi.

Fournir des repères à l’enfant

Mais pour cela il faut construire et apporter une grande sécurité affective à l’enfant. Le but est qu’il soit lui-même à la crèche et se permette des comportements qu’il aurait à la maison.

Si la crèche est un lieu de vie collective, il y aussi un approche individuelle. Les enfants sont déjà répartis en trois groupes d’âge. Cela fait des groupes de 7 ou 8 enfants. Et surtout, chaque enfant à une référente dans la structure. C’est un repère.

La référente s’occupe particulièrement de l’enfant dans les moments individuels : les soins, les repas, le couché pour les siestes. Ces moments sont plus intimes et permettent de vraiment construire une relation avec lui. En revanche, le jeu et les activités sont des moments collectifs.

L’organisation des salles de la crèche est une autre manière de fournir des repères. Emmi Pikler a appliqué son approche dans la pouponnière de Loczy. Elle a eu pour idée de reproduire des espaces de la maison et bien délimités : sommeil, soins, repas, jeu. Il y a aussi des espaces protégés pour permettre à l’enfant de se réfugier quand il en sent le besoin ou quand il veut jouer tranquillement. Un peu comme nous quand nous nous installons dans notre coin préféré pour souffler.

De nombreux détails

J’ai surtout été impressionné par la quantité de détails qui sont pensés pour le bien-être de l’enfant. En voici certains :

  • pour les petits, les jeux sont des objets basiques faciles à manipuler et qui ne font pas mal s’ils tombent sur le visage de l’enfant qui les manipule en étant sur le dos : un morceau de tissu, des textures, une grosse bouée gonflable ,
  • de nombreux jeux sont d’ailleurs très simples : couvercles, bassine, une bouteille d’eau avec des formes colorées,
  • certains objets sont toujours en double ce qui permet à l’enfant de les comparer. C’est l’émergence de la pensée chez l’enfant.
  • l’enfant a besoin d’alterner entre des grands mouvements et des petits mouvements et les jeux sont adaptés,
  • il y a un espace motricité et toujours un endroit pour monter. Chez les petits c’est juste une petite estrade et des coussins, chez les plus grands des toboggans adaptés,
  • Pour être à l’aise pour manger, l’enfant ne dois pas avoir les pieds dans le vide. Les enfants mangent sur des petites tables et chaises, et quand ils sont trop petits l’équipe place un petit repose pied.
  • les tables à langer sont adaptées pour permettre à l’enfant de participer quand il est en mesure de le faire.
  • il y a des espaces fermés par des barrières dans les salles de vie. Ce sont des espaces protégés qui permettent par exemple dans les groupes de plus grands à l’enfant de jouer et construire tranquillement quand il le souhaite,
  • chez les grands, la couchette de chaque enfant est toujours la même et toujours disponible pour lui et seulement pour lui. C’est un lieu refuge pour se libérer de la pression du groupe et aucun autre enfant ne peut y aller sans autorisation.
  • Pas d’obligation dans les activités : si l’enfant ne veut pas faire de la peinture ou un cadeau pour ses parents, il n’est pas forcé mais l’activité lui sera reproposée.
    il y a aussi beaucoup de choses pensées sur les repas. Ils mangent deux par deux et apprennent à patienter pour manger. Quand ils commencent à manger seuls, ils ne mangent pas l’en face de l’autre mais l’un à coté de l’autre pour ne pas être dans l’imitation de l’autre enfant et pour vraiment être eux.

Je pourrais continuer la liste ainsi mais je pense que vous avez compris le principe. Ce sont tous ces détails qui expliquent que Camille se sente bien et s’épanouit au fil des jours. On apprécie aussi de voir comment les autres enfants progressent très rapidement aussi.

Et pourquoi c’est pour moi, pour nous, cette crèche est tout simplement le bon endroit pour Camille !

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